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    LES EPAVES DU SUD DE LA FRANCE
    Ces épaves mythiques reposent par des fonds de 25 à 50m. entre Toulon et Cavalaire, plusieurs dans le chenal situé entre les îles de Port-Cros et de Porquerolles. Leur nom est célèbre et chaque plongeur rêve de les visiter un jour. Certaines, comme le Grec, le Donator, le Rubis, le Togo ont leur histoire détaillée ci-dessous et plusieurs photos dans l’album.
    D’autres, comme l’Espingole, le Prophète, le Michel C, le Ville-de-Grâce, etc. sont  représentées seulement par quelques photos dans l’album ci-dessous.
     
    Afin de respecter la législation française, seul un plongeur P***CMAS pourra prétendre plonger sur chacune de ces épaves.
    Pour vous y emmener : la plupart des clubs de plongée basés entre Toulon et Le Lavandou vous y conduiront.
     
    Ci-contre, la silhouette du mat de charge du Donator qui a rendu cette épave immédiatement reconnaissable et célèbre entre toutes. Depuis le mat est tombé lors d'une tempête en décembre 1999.
    Le Donator
    Construit en 1931 par les chantiers Holz Worksted A-S à Bergen (Norvège) le bateau mesure 78 m de long pour 12 m de large, et file de 14 à 15 nœuds, propulsé par un moteur de 1800 cv.
    Il est revendu en 1933 à la Compagnie Générale d’Armements Maritime qui le rebaptise Petite Terre et l’affecte au transport de bananes entre la Métropole et les Antilles.
    En 1939 il devient la propriété de la Compagnie Algérienne de Navigation pour l’Afriquedu Nord ou Compagnie Schiaffino.
    Celle-ci avait coutume de baptiser ses navires avec les prénoms des membres de la famille, et le Petite Terre devient alors le Prosper Schiaffino.
    Avant la seconde guerre mondiale  la Compagnie Schiaffino possédait vingt bâtiments. Elle en perdit 19 pendant cette guerre : 13 par torpillages, mines etc…, et 6 par bombardements alors qu’ils étaient au mouillage. A la fin de la guerre le Donator était le seul rescapé.
    Mais le 10 novembre 1945 le cargo revient d’Algérie avec à son bord une cargaison de vin. Pour parer un fort coup de mistral le bateau fait le tour de l'île de Porquerolles par le Sud quand à 13h10, par 42°59.597'N et 06°16.435'E, dans une mer déchaînée, une formidable explosion retentie. Le cargo a heurté une mine, la proue est détruite, l’eau envahie le navire, et la poupe se soulève rapidement. Les 29 marins ne peuvent larguer les chaloupes et se jettent à l’eau. Heureusement un avion de la R.A.F est témoin du drame. Il prévient les secours qui arriveront sur le site 4 heures plus tard sauvant  27 hommes, 2 étant portés disparus. Aujourd'hui, l'épave repose bien droite, sur un fond de sable, par 50m de fond.
    Le Grec
    Le Sagona a été construit en 1912 à Dundee, et passe de compagnie à en compagnie : Newfoundland Produce, Reid Newfoudland, l'Etat, Culliford Associated Lines, enfin, en 1943, Zarati qui lui fait porter pavillon panaméen.
    Le scénario du naufrage est le même que pour le Donator : le 3 décembre 1945, chargé de vin, le Sagona passe en peu trop près de terre et s'engage dans la zone dangereuse de la Grande Passe. Une mine oubliée explose à bâbord avant, coupant le bateau en deux. Celui-ci coule immédiatement par 42°59.635'N, 06°16.687'E.  Il y a deux morts et un marin est porté disparu. Aujourd’hui, l’épave repose par 47m de fond, à 300 - 400m au nord-est de la position du Donator, la proue distante de 60-80 mètres en direction du nord. L’épave est connue sous le non de « Grec » car les papiers de bord, remontés par les plongeurs de la marine, étaient écrit dans cette langue.
    Le Togo
    Construit en 1882 au chantier Robert Thompson and Sons à Newcastle (Angleterre) le Ville de Valence est un précurseur des navires modernes : construit en acier, c’est un 3 mâts équipé d’un moteur à vapeur de 208 cv. Le bateau mesure 76 m de long sur 10,35 m de large et jauge 1’640 tonneaux. C’est un gros navire et son équipage se compose de 25 personnes. Il transporte des marchandises en Espagne. En 1906 il est revendu à la Compagnie Becchi & Calagno de Savone qui le rebaptise Amor. C’est en 1912 qu’il sera baptisé Togo par la compagnie Ilva, de Gêne, qui le rachète. Elle l’affecte au transport de charbon.Le 12 mai 1918 il heurte une mine de 150 kg mouillée par le sous-marinallemand UC 35 Il est coupé en deux et coule immédiatement sur la position 43°10.080'N, 06°35.540'E. L’avant du Togo, la partie la plus grosse repose bien droit sur un fond de sable, à 55m de profondeur, le haut de l’épave se trouvant à 47m. L’arrière, d’une longueur de 10m environ se trouve quelques mètres plus loin, par 66m de fond. 
    Le Rubis
    Construit par les chantiers de Toulon, le sous-marin Rubis est lancé le 30 septembre 1931. C’est le quatrième sous-marin d’une série de six. Après le Saphir, le Turquoise, le Nautilus, suivront le Diamant et la Perle. Ce sous-marin est conçu pour mouiller des mines sans faire surface. Il mesure 66mde long sur 7m de large et 8m de haut. Il est doté d’un moteurVickers-Armstrong de 3900 CV lui permettant une vitesse de 8 nœuds en plongéeet 12 nœuds en surface. Son armement comprend 1 canon de 75 mm, 2 mitrailleuses de 13 mm, 32 minesde 1090 kg,  3 torpilles de 550 mm, et 2 torpilles de 400 mm.Il navigue avec un équipage de 45 hommes (4 officiers, 9 sous-officiers, 32 hommes d’équipage). Sous les ordres du lieutenant de vaisseau Cabanier (futur chef d'État-major de la Marine), le Rubis effectue plusieurs missions pour le compte de la Royal Navy. Le Rubis rallie les Forces navalesfrançaises libres dès juin 1940, où il effectue plusieurs missions de mouillagede mines sur les côtes tenues par l'ennemi, particulièrement en Norvège et en France. Après cinq années d'opérations continues durant la guerre, on a pu dénombrer à son actif 28 missions de guerre avec 18 victoires homologuées, la pose de 683 mines (causant la perte de 14 ravitailleurs, 7 patrouilleurs ou dragueurs) et des dommages à un ravitailleur et un sous-marin ennemis.Le Rubis a été cité à l'Ordre de l'armée de Mer en 1940, et a été décoré de la croix de la Libération en 1941. Le 8 juin 1945, il rentre sur Oran où il est désarmé le 23.Jusqu’en 1950 il sert de bâtiment d’instruction, puis est transformé en base sous-marine. En 1957 il échappe à la démolition grâce à un ancien de ses commandants, mais la décision est prise de le couler. Le 31 janvier 1958 le remorqueur Samson et la gabare Criquet l’amènent à 2600 mètres du Cap Camarat. Le Commandant Riffaud place la charge de 9 kg, et fait exploser l’arrière du Rubis qui plonge pour la dernière fois et se pose sur un fond de 40m, par 43°11.294N et 06°42.038'E.